Les réponses des candidats

« Décarboner l’Europe » :
les candidats à l’élection présidentielle qui s’engagent pour le climat
…et leur analyse par The Shift Project

Communiqués de presse : annonce et analyse des réponses
The Shift Project, 14 avril 2017 & 21 avril 2017 

The Shift Projet publie, par ordre de réception, des extraits des engagements des candidats,
ainsi que des liens vers l’intégralité des réponses reçues.

 

ENGAGEMENTS ARGUMENTÉS, MAIS DIFFÉRENTS DE LA FORMULATION PROPOSÉE :

Jean-Luc Mélenchon

La lettre de réponse de Jean-Luc Mélenchon, et l’intégralité de l’argumentaire transmis par Charlotte Girard, co-responsable du programme de la France Insoumise [PDF]

« Nous nous engageons à faire de la France un pays moteur de la transition énergétique. Nous nous fixons pour objectif d’atteindre 100 % d’énergies renouvelables en France et de diminuer par 4 nos émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 en sortant du nucléaire et des énergies fossiles.

(…) Comme le soulignent certains des signataires [du Manifeste pour décarboner l’Europe] eux-mêmes, les seules logiques des actionnaires et de la maximisation des dividendes sont incompatibles avec un objectif de décarbonation de l’Europe. Or, ces logiques libérales sont au cœur des traités européens actuels. Les quelques directives européennes positives d’un point de vue écologique datent pour l’essentiel d’avant l’amplification des politiques austéritaires. Le fiasco retentissant du marché de carbone est par ailleurs la preuve, concrète, que nous ne pouvons faire reposer la lutte contre le changement climatique sur les mécanismes de marché.

Nous nous ne nous contenterons donc pas de « plaider avec détermination au Conseil [Européen] », mais nous proposerons une refondation de l’Europe sur des bases permettant de lutter concrètement contre le réchauffement climatique. Nous proposerons par exemple de mettre fin à l’indépendance de la BCE et de passer d’un objectif de seule lutte contre l’inflation à un objectif d’action en faveur de l’emploi et de la transition écologique. Celle-ci nécessite en effet d’importants investissements publics, notamment dans le domaine des énergies renouvelables (…).

Nous proposerons également de mettre en place un protectionnisme solidaire pour imposer que les produits importés en Europe respectent des critères sociaux et environnementaux. Nous mettrons également les entreprises stratégiques pour la transition écologique à l’abri des logiques de profit de court terme en les socialisant afin de constituer des pôles publics, investissant sur le long terme et développant des relations de coopération et non de concurrence avec les PME innovantes. (…) »

Marine Le Pen

L’intégralité de la réponse de Marine Le Pen [PDF]

« Je m’engage, si je suis élue présidente de la République française, à agir avec détermination pour que la France puisse se passer rapidement des énergies fossiles. Des coopérations industrielles entre pays européens, libres, seront utiles à l’avancement rapide de ce projet. Dans ce domaine, les technologies existent, leurs prix convergent vers ceux des technologies classiques, il ne manque donc plus qu’une volonté politique forte et nos outils de souveraineté (Etat stratège, banque centrale pour le financement, patriotisme économique pour une commande publique réservée, protectionnisme intelligent etc.) pour mener à bien ce changement.

Les énergies renouvelables seront utilisées essentiellement pour remplacer les énergies fossiles, le nucléaire français sera conservé et sécurisé. L’hydrogène, issu de l’électrolyse de l’eau, est probablement un des vecteurs de stockage d’avenir de l’énergie. (…) Cette stratégie permettra de répondre simultanément aux défis liés au changement climatique, à la pollution de l’air, à l’indépendance énergétique et apportera à la France un leadership dans les secteurs de l’économie durable.

Je suis convaincue que, si un pays réalise avec succès sa transition énergétique, de nombreux autres pays adopteront la même démarche. Cette politique devrait permettre d’aboutir en 2050 à des émissions de gaz à effet de serre aussi proches que possible de zéro en France tout en créant de très nombreux emplois et de l’activité pour les entreprises françaises. »

François Fillon

« Les destructions et menaces sur l’environnement ne connaissent pas les frontières. Elles appellent des solutions mondiales. Notre politique étrangère doit dont intégrer ce que j’appelle une « diplomatie verte », sur les fronts du climat et de l’énergie, de la biodiversité et des forêts, de l’eau et des océans.

L’Union Européenne, sous l’impulsion de la France, devra se doter d’un véritable outil diplomatique pour compter davantage dans les grandes négociations internationales. Je souhaite aussi que l’Europe se recentre sur quelques objectifs stratégiques environnementaux : énergie dé-carbonée et grandes infrastructures de transport durables.

Dans ce cadre, je veillerai à l’application des accords de Paris et du respect, par chaque État, de ses engagements, notamment pour la mise en œuvre effective du fonds vert. Je souhaite également que notre aide au développement soutienne davantage d’actions concrètes de préservation de l’environnement. »

Emmanuel Macron

L’intégralité de la réponse dans la lettre transmise par Emmanuel Macron [PDF]

« Je me retrouve évidemment dans les grands principes de l’engagement que vous portez : il faut tout faire pour répondre aux défis du changement climatique et de la préservation des ressources, être à la hauteur de l’Accord de Paris, accélérer la transition énergétique, investir et accompagner tous les acteurs dans la transition énergétique qui sera la base d’un nouveau modèle économique. L’échelle européenne est, comme vous le soulignez, essentielle pour porter cette transition.

(…) Je propose notamment un plan d’investissement de 50 milliards dédiés à plus de 40 % à la transition énergétique et agricole, la fin des véhicules diesel ou essence en 2040, de nouvelles actions sur la rénovation des bâtiments et la lutte contre la précarité énergétique, la transformation du modèle agricole, l’accompagnement des entreprises vers une économie 100 % circulaire, ou encore le développement des énergies renouvelables pour réduire notre dépendance au nucléaire.

J’insiste sur ces mesures concrètes car j’ai une conviction : se fixer des objectifs ambitieux sans se donner les moyens de les atteindre, serait en fait continuer à ne pas être à la hauteur des enjeux et déjà renoncer à un futur durable.

C’est pourquoi, au-delà de votre manifeste, j’ai été particulièrement sensible à la lecture de vos neuf propositions concrètes pour que l’Europe change d’ère. Fermeture des centrales à charbon, développement des véhicules propres, lancer enfin le grand chantier de rénovation des bâtiments publics, agriculture et forêts durables… Quasiment toutes vos propositions font écho à celles qui se trouvent dans mon programme. Je serai donc heureux de compter sur votre mobilisation, et celles des entreprises représentées par leurs dirigeants signataires de l’appel, pour accélérer la transition énergétique dès le début du prochain quinquennat. »

ENGAGEMENT IDENTIQUE A LA FORMULATION PROPOSÉE :

Nicolas Dupont-Aignan

« Je m’engage, si je suis élu président de la République française, à plaider avec détermination au sein du Conseil européen pour que celui-ci adopte avant 2020 une stratégie et un plan d’actions à la mesure de l’Accord de Paris, capables de permettre à l’Union européenne de parvenir à un niveau d’émissions nettes de gaz à effet de serre aussi proche que possible de zéro en 2050, afin de sauvegarder l’Europe face aux défis du changement climatique, de la préservation des ressources naturelles et de l’indépendance énergétique, et lui permettre d’être pionnière et leader d’une économie durable. »

PROPOSITION D’ENGAGEMENT DÉCLINÉE :

Benoît Hamon

REFUS ARGUMENTÉS :

François Asselineau

L’intégralité de la réponse transmise par Jean-Baptiste Baron, service courrier de campagne de l’Union populaire républicaine [PDF]

« (…) Les sujets sur lesquels vous nous interpellez sont des considérations législatives et non pas présidentielles (…). Nos candidats aux élections législatives veilleront à faire avancer dans le débat public ces sujets (…).

Nous souhaitons rappeler que promouvoir la mondialisation et agir pour décarboner le monde est un non-sens. En effet, les traités de libre-échange de la mondialisation ont des effets directs sur la pollution de notre planète. (…)

Nous voudrions toutefois vous rappeler les grands axes du programme de M. François Asselineau sur ce sujet. Réduire la dépendance de notre économie aux hydrocarbures. Réduire nos émissions de gaz à effet de serre. (…) Concilier la recherche économique et la recherche écologique en France. (…) Soutenir le secteur des économies d’énergie, en particulier par un accent porté à la rénovation énergétique des bâtiments anciens. Améliorer le tri sélectif et soutenir le secteur du recyclage des déchets. Rapprocher les producteurs et les consommateurs en favorisant les circuits courts. (…) »

Nathalie Arthaud

L’intégralité de la réponse de Nathalie Arthaud [PDF]

« (…) La nécessité de tenir compte de l’environnement pour le bien être des générations futures est bien évidemment au cœur de mes engagements. Je suis communiste et en tant que telle c’est précisément l’avenir de l’humanité qui détermine mes combats. (…) Et je partage votre souci de voir « décarboner » la production. Mon ambition irait même au-delà de la simple Europe !

(…) Est-il nécessaire de rappeler que ces groupes capitalistes n’ont comme seule et unique ambition que de réaliser du profit. Le maximum de profit. C’est pour cela qu’ils polluent sans vergogne la planète. Les obliger à produire autrement ne pourra se faire que contraints et forcés. (…) »

Philippe Poutou

L’intégralité de la réponse de Philippe Poutou [PDF] (reçue le 17.04.2017)

« (…) Les atteintes à l’environnement sont globales, nous ne pouvons pas nous contenter de décarboner l’Europe alors que les entreprises européennes continuent de polluer le reste de la planète.

(…) Nous ne pouvons pas signer votre manifeste car nous refusons les fausses solutions comme le nucléaire dont nous prônons l’arrêt, les OGM, les LGV que nous classons parmi les Grands projets inutiles, imposés et nuisibles à l’environnement… Nous retenons parmi vos 9 propositions : la révolution du transport en commun en ville qui passe par son développement et sa gratuité ; · la fermeture des centrales à charbon ; la rénovation des logements anciens, ou pas, des bâtiments publics. Nous défendons aussi le passage à l’agrobiologie en 10 ans. Nous voulons engager une réflexion sur les transports publics et la réduction des transports de marchandises.

La transition écologique qui s’amorce n’est pas la nôtre et le combat est plus que jamais nécessaire pour lutter contre le basculement climatique déjà engagé et créer les conditions d’un autre monde. »

Jean Lassalle

L’intégralité de la réponse de Jean Lassalle [PDF] (reçue le 20.04.2017)

« (…) Certaines des organisations internationales qui se revendiquent de la cause animale, ou de la protection de la nature, se sont transformées en ambassadrices d’un « capitalisme vert », et même en commerçantes de droits à polluer. Mais n’est-ce pas précisément l’évolution actuelle du capitalisme, son productivisme effréné, qui pille nos ressources naturelles ? L’ampleur des problèmes qui nous assaillent n’impose-t-elle pas de s’en prendre à ce système ?

(…) Les ressources naturelles se raréfient, mangées par l’urbanisation, par la pression toujours croissante de la production et de la consommation. La biodiversité s’éteint à une vitesse angoissante, écrasée par l’agriculture intensive, par le réchauffement climatique, par les pollutions, par les perturbateurs endocriniens. (…] Au XXème siècle, le pétrole avait permis à notre civilisation une évolution technologique sans précédent. Mais les guerres dans lesquelles il nous a entraînés sont indignes d’un pays civilisé.

(…] La première étape sera de rouvrir le débat. Permettons à tous les Français, sur tous les territoires, de s’approprier ces enjeux : des choix énergétiques difficiles sont devant nous, et ils nous engageront pour longtemps. Prenons le temps de les comprendre et d’en débattre, afin d’éviter les peurs, les mécontentements et les injustices. (…) Nous pouvons et devons nous retrouver pour en parler, pour comprendre comment notre civilisation transforme le monde, et décider ce que nous voulons faire ensemble. » 

 

PAS DE RÉPONSE À CE JOUR :

Jacques Cheminade

Top